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27 Jan

Androka, la résilience de la population

Publié par Association EvénemenCiel  - Catégories :  #géographie

 

La résilience de la population

 

La Baie de Langarano (Androka) (Madagascar).
Baie de Langarano à Androka

 

Derrière les images de plages idylliques et les photos de corail sous marin à faire rêver, se cache une toute autre réalité. 

 

L’île, et plus particulièrement le sud, souffre du manque d’infrastructures, en particulier de routes. 

 

Le grand sud de l’île est une région oubliée qui manque de tout.

 

 

Et quand l’Etat s’intéresse enfin aux habitants du sud, le peu d’argent promis n’arrive pas toujours aux bénéficiaires, confient des élus. Même si, à l'écart du littoral, le bourg d'Androka Avao bénéficie d'une infrastructure administrative et une mission catholique, les conditions de vie sont particulièrement difficiles et la météo n’est qu’une des variables du problème. 

 

"Le Kere"
La feuille de cactus débarrassée de ses épines est devenue le symbole de la famine. C'est pour beaucoup d'habitants du sud de Madagascar l'ultime nourriture pour survivre.
cueillette des feuilles de cactus

 

Les périodes de sécheresse sont caractéristiques de la région Sud à la météorologie très particulière.

 

Les Malgaches les nomment "Kere", ce qui signifie "manque de nourriture".

 

Depuis 1896, l’île a connu 16 phénomènes de ce type. Le dernier en date vient de passer sa quatrième année depuis 2017.

 


La feuille de cactus débarrassée de ses
épines est devenue le symbole de la famine. 
C'est pour beaucoup d'habitants du sud de
Madagascar l'ultime nourriture pour survivre. 

 

Lors de la famine de 2021, le pire épisode de ce type en quarante années, la sous-nutrition toucha 27% des enfants de moins de cinq ans. 

 

Dans le sud de l'île où l’agriculture est vivrière, une mauvaise récolte a des conséquences sur les plantations à venir car on y affectera moins de ressources.

 

"Quand les agriculteurs ne peuvent plus produire, ils ne peuvent plus consommer leurs récoltes, ni les vendre pour avoir une source de revenu, et sans revenu, ils ne peuvent plus acheter de denrées alimentaires. C’est un cercle vicieux qui se met en place pour des familles déjà vulnérables", 

 

Dans la plaine côtière mahafaly, en dépit de services de santé réduits à quelques petits dispensaires, la natalité forte aurait dû conduire à une augmentation rapide des densités.

 

Mais, le Kere sévit toujours dans le district d’Ampanihy, malgré les efforts conjoints de l’administration et des partenaires.

 

Des familles entières ont dû rejoindre le chef-lieu de district à Ampanihy pour fuir le Kere. Les communes de la zone Ouest du district dont Ampanihy, Itampolo, Androka et Androimpano, enregistrent les taux les plus élevés de départs.

Ces phénomènes expliquent une certaine stabilisation dans l'occupation de l'espace de 1960 à aujourd'hui ainsi que le déclin d'Androka.

 

Avant l'indépendance. le canton d'Androka était le plus peuplé de la sous-préfecture d'Ampanihy avec 22,4 hab/km2 contre 8,9 en moyenne dès 1948. Du fait de sa disparition de la présence française, la population du bourg d'Androka a régressé de 2160 à 668 habitants de 1948 à 1965.

 

L’eau
Le village d'Androka Vao dans un paysage complètement désertique pendant la saison sèche.
un paysage complètement désertique

 

Pourtant la plaine côtière d'Androka dispose d'atouts agricoles évidents. Les sables, souvent riches en oligo-éléments, permettraient d'excellentes récoltes, dès lors que les besoins en eau des plantes seraient satisfaits. 

 

L'eau, c'est là que se trouve en effet le principal problème.

 

Le village d'Androka Vao, au Sud de Madagascar, est situé aux bordures des fleuves Linta et Menarandra, dans un paysage complètement désertique pendant la saison sèche.



A Madagascar, seulement 40% de la population à un accès à une eau de qualité, seulement 10% à accès à un assainissement de base. L’enjeu sanitaire est énorme.

Pour aller chercher de l'eau il faut marcher longtemps vers les puits.
il faut marcher longtemps vers les puits

Comme dans de nombreuses régions du Grand sud de l'ile, l'accès à l'eau y est précaire. Les structures existantes sont rudimentaires et fournissent de l'eau saumâtre et de qualité médiocre.

 

Dans un tel contexte, les aléas climatiques deviennent vite des catastrophes. 


La tâche de chercher de l'eau est difficile surtout pour les populations vivant à Beara qui doivent marcher une heure sur des pistes sablonneuses jusqu'au puit. Certains élèves sont trop fatigués pour aller à l'école, qui se trouve aussi à une distance éloignée de chez eux.


Au sud de Madagascar, le manque d'accès à l'eau potable aggrave la malnutrition et l'insécurité alimentaire touche régulièrement plus de 500.000 personnes.

 

Les cultures
Un champ de manioc.
un champ de manioc

 

Le long de la Linta, on pratique les cultures de décrue dans le lit de la rivière, presque toujours à sec.

 

Ces champs sont différents des champs "vala" répartis par lignage et clos par des haies d'oponces, de sisal et parfois de cotonnier sauvage, voire seulement par des branchages morts à la périphérie des villages.

 

Les principales cultures sèches sont celles de la patate douce, du maïs plus fréquent à l'intérieur, du sorgho, du manioc et de diverses Cucurbitacées. Les cultures sont fréquemment exposées aux crues dévastatrices en période de pluie et à l'insuffisance d'eau pendant la saison sèche.


A la différence de ce que l'on observe un peu plus au nord, dans la région d'Androka, la cueillette n'est pour l'essentiel qu'une activité de subsistance en périodes de disette. Le miel, les fangitsy, les ignames sauvages, les amandes de sokoa (sur le causse) et les fruits du baobab fony constituent les fondements de cette pratique occasionnelle. 


L'élevage
Des zébus.
zébus

 

L'élevage est pourtant une des principales activités de la population mahafaly.

 

On comptait au début des années 1960, environ un zébu par habitant dans la plaine côtière. Cela représentait un cheptel important d'autant plus qu`il faut également prendre en compte un grand nombre de caprins et d'ovins.

 

Les transhumances de saison humide (novembre-mai) conduisent le bétail de la côte vers les dépressions situées sur le causse au NE d'Itampolo ou au delà.

Sur l'ensemble des chemins de parcours, les bêtes s'arrêtent pour paître dans les secteurs couverts de steppe ou dans les dépressions conservant une végétation.


Ces déplacements s'étaient généralisés à la faveur de la disparition de l'insécurité, pendant la période coloniale. Chaque communauté villageoise disposait à cet effet de son propre périmètre pastoral sur le causse. 

 

Depuis quelques années, les anciens campements, kialo, sont devenus des villages permanents et parfois même des fokontany autonomes. De nombreux défrichements récents on été effectués pour pourvoir à la nourriture de ce bétail.

 

Les écosystèmes pâturés côtiers sont fondés sur la présence de quelques espèces de Graminées adaptées à la sécheresse. 

 

La pêche
Des canoës de pécheurs à Androka.
des canoës de pécheurs à Androka


La pêche est bien développée dans les villages d'Androka, d'Ambohibola et d'ltampolo.

 

La particularité d'Androka et de Bevoalavo est l'existence de pêcheurs-cultivateurs. Les langoustes qui constituent la principale ressource sont collectées par 4 sociétés de Fort-Dauphin.

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C
Cet article est très bien. Il reflète parfaitement la situation .<br /> Bravo et merci
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